13 janvier 2009 – texte de Brigitte Sauvage lu aux consuls de Montréal et de Québec et a l’attaché de mission culturelle à propos de l’Avenir de l’AEFE par le biais d’une conférence téléphonique.
Le président de la république s’est engagé à la prise en charge de l’État des frais de scolarité des élèves français et de développer le réseau des établissements, qui ne se limite d’ailleurs pas à l’Agence pour l’Enseignement Français à l’étranger mais concerne aussi la Mission Laique, le programme Flam etc…
ETAT DES LIEUX :
Les augmentations des frais d’écolage entrainent des risques déjà connus :
- l’éviction des élèves étrangers du fait de la gratuité pour les français alors que le réseau était en croissance ces derniers années en accueillant aussi bien des français que des non français ;
- cet accroissement d’enfant scolarisés demande plus d’espace et de bien mobiliers et c’est le moment qu’on a choisit pour que le transfert de ces responsabilités soit transféré vers les établissements et accroit leur endettement.
- Les établissements ne pourront plus se moderniser et sont à risque de se détériorer et entacher l’image des établissements français qui deviendront alors moins attractifs que les établissements scolaires locaux alors que le système favorise la concurrence en tout cas, ici à Montréal ;
- Les enseignants titulaires ont pour rôle de conserver l’encadrement et la qualité d’un modèle d’enseignement recherché ; leur diminution impliquera l’embauche de personnel local, possiblement moins qualifié : le maintient d’un 50 % de titulaires proposé en octobre est jugé minimal . De plus, il est difficile de penser au développement d’un réseau en débauchant son propre personnel…
- les inégalités entre les enfants qui ne paient pas de scolarité et les autres qui paient toujours plus aboutissent à remettre la responsabilité de l’augmentation des frais de scolarité sur les français non payants
- la diminution du nombre d’établissements homologués ne peut qu’affaiblir le réseau ;
SUGGESTIONS :
- On pourrait mettre en place un système de bourses pour les non français pour diminuer les inégalités de traitement entre les familles et enrayer la déperdition de la clientèle vers d’autres réseaux (à Montréal, il existe une véritable concurrence entre les établissements privés.
- revoir le système des bourses en rehaussant les plafonds d’admissibilité pour intégrer les familles à salaire moyen, souvent parce qu’elles se situent juste au-dessus des plafonds et elles ne pourront supporter les hausses actuelles obligatoires si les décisions prises sont maintenues
- faire le relevé des investissements privés : or, les mesures actuelles accélèrent plutôt le désengagement des entreprises puisqu’elles n’ont plus, progressivement à payer les frais d’écolage des enfants de leur personnel ce qui était souvent utilisé comme bénéfice marginal ici, et pas toujours déclaré au regard des impôts d’ailleurs.
- annuler purement et simplement le décret de décembre 2007 pour ne pas accélérer l’hémorragie financière des établissements français, hémorragie qu’ils n’ont pas plus planifier en plus.
FINALEMENT
Le financement alternatif prôné par le Sénateur Ferrand n’existe pas dans les faits.
BRAIN-STORMING :
L’Éducation Nationale exclue l’enseignement à l’Étranger : pourtant la formation de ces enseignants à l’Étranger titulaires passe par le budget de l’Éducation Nationale : puisque la brèche existe, pourquoi ne pas la reconnaître et que le Ministère de l’Education Nationale assume ses responsabilités propres dans ce dossier ?
Que fait-on de l’intégration des enfants handicapés toujours laissés sur le bord du chemin car lorsqu’on parle d’inégalité dans les chances, ces enfants là devraient être au centre de nos préoccupations ?
On veut gérer l’AEFE comme une entreprise, que fait-on de la notion de service public ? Veut-on vraiment développer le réseau ?
L’enjeu est politique et lorsqu’il y aura cohérence entre les déclarations d’intention et les décisions prises, on pourra constater
. soit le maintient d’un service public : il faudra alors donner les moyens nécessaires au rayonnement de la France à l’Etranger au travers de ce réseau en lui offrant une qualité avec des enseignants traités également, dans des conditions matérielles au moins égales, à des enfants français pris en charge par l’Etat mais égaux devant lui, sans distinction d’âge, de statut social ;
. soit le démantèlement du réseau comme on a commencé de le faire en augmentant les charges d’écolage que seules les familles les mieux nanties pourront s’offrir, obligation aux entreprises de payer la scolarité des enfants de leur personnel en poste à l’Etranger avec obligation de le déclarer comme avantage fiscal à l’Etat ; en tentant de les convaincre que la responsabilité de l’Education des enfants de leur personnel est aussi de leur responsabilité.
La décision est urgente car si on veut effectivement un réseau fort et une image de rayonnement culturel, ceux ci sont déjà nettement altérés par l’errance décisionnelle dans laquelle ils sont plongés.

