A l’occasion de sa visite à Mexico, le Président de la République, évoquant la mesure de prise en charge des frais de scolarité de certains enfants français, vient de déclarer devant la communauté française : “J’ai voulu la gratuité pour tout le monde. J’ajoute que je ne pense pas que cela soit le rôle des entreprises de payer la scolarité aux enfants de leurs collaborateurs. Elles ont, les entreprises, par ailleurs, bien d’autres problèmes pour être compétitives et pour investir. En dernier point, on m’a dit : “oui, mais c’est cher”.
Je peux le dire parce que j’ai les meilleurs ministres avec moi, mais il n’y a pas de ministre du Budget, excellent ! Vraiment formidable. J’ai remarqué que son administration considère qu’une bonne mesure est une mesure qui ne coûte rien, parce qu’elle ne marche pas. Pour moi, une bonne mesure, c’est une mesure qui fonctionne. Je considère que c’est très important ce que l’on a fait. Naturellement, je ne veux pas que cela exclue les Mexicains du lycée franco-mexicain. On va trouver un système. Je pense que c’était une question de justice.”
Le Président se rend compte maintenant que la “gratuité” offerte à certaines familles françaises est de fait payée par d’autres familles françaises et les familles étrangères (hausse des coûts de scolarité, taxe sur les frais de scolarité de 6% ou de 2%, selon les établissements). Il comprend que cela fait réagir, et demain fera fuir, les familles étrangères, essentielles à l’identité et à la survie de nos établissements. Il annonce donc la mise en place d’un “système”. Quel système? et qui va, cette fois-ci payer ? pas les entreprises, on l’a compris, pas les familles françaises et étrangères, donc, puisque c’est elles qu’il faut soulager. Alors, qui?
François Nicoullaud

